Nouvelles du Lycée
Le futur déménagement (quasi) confirmé
Une nouvelle très attendue : le projet de déménagement du Lycée franco-japonais de Tokyo, dont on entend parler depuis plusieurs années déjà, semble désormais « sur les rails ». En effet, début septembre, les longues négociations entre l’Ambassade de France et les autorités japonaises ont abouti favorablement (notamment sur la question de l’exemption de la taxe sur la plus-value lors de la vente du site actuel de Fujimi). La faisabilité du projet semble aujourd’hui acquise. Les études préliminaires ont été lancées sur le champ.Le site de Takinogawa
Concrètement, cela signifie que selon toute probabilité, l’ensemble du Lycée (de la Maternelle à la Terminale) sera transféré et regroupé sur un site unique situé dans le quartier de Takinogawa (Kita-ku), à proximité des gares de Shin-Itabashi (ligne Mita) et Itabashi (ligne Saikyô). Le LFJT y reprendra les installations d’un ancien Lycée municipal, sur un vaste terrain de 20 000 m2, après rénovation et remise aux dernières normes sismiques notamment. La date de ce déménagement, selon une hypothèse vraisemblable, pourrait se situer à l’automne 2011. Le nouveau site a des avantages indéniables. Ses dimensions permettront d’offrir aux élèves de tous les niveaux des conditions pédagogiques optimales. Rappelons que la hausse continue des effectifs (+ 10% par an les années précédentes, un peu moins cette année avec 1150 élèves contre 1120 à la rentrée dernière) a entraîné une saturation des locaux qui dégrade passablement les conditions d’accueil des enfants, notamment dans le Primaire.Un Lycée plus attractif pour les familles franco-japonaises
Or un retournement de tendance semble peu probable. En effet , si les effectifs des familles « de passage » (expatriés d’entreprise) sont soumis aux fluctuations de l’économie, la croissance de la population des familles franco-japonaises installées sur le long terme ne se dément pas depuis des années : c’est un mouvement de fond qui ne semble pas près de s’arrêter et qui devrait continuer d’alimenter naturellement, comme il le fait déjà, la montée des effectifs du LFJT (où elles représentent actuellement près de 40% des familles). Pour les familles franco-japonaises, le nouveau site devrait d’ailleurs accroître l’attractivité du LFJT : parce qu’il sera économiquement plus facile, même avec des revenus « locaux », d’habiter à proximité immédiate de l’école ; et parce que la section bilingue français-japonais, dont la création est actuellement en suspens en raison du manque de place à Fujimi (et du choix de l’administration de donner la priorité au bilinguisme français-anglais), devrait immédiatement y devenir une réalité.L’obstacle des tarifs
Reste l’obstacle des tarifs. Nous nous sommes élevés, à l’Association des Familles AF-fcpe, contre les hausses successives décidée unilatéralement par l’Etat français, car nous pensons qu’elles risquent de remettre en cause le recrutement des élèves. Certes le système des bourses existe et fonctionne de façon juste, mais il ne touche pas ou trop peu (à cause des restrictions apportées aux bourses « partielles ») toute une frange des classes moyennes, pour qui scolariser leurs enfants au Lycée représente encore un trop gros sacrifice. Entre 2003 et 2010, les frais de scolarité demandés aux famille auront augmenté de plus de 25%, dont 15 explicitement destinés à financer la relocalisation 1. Or en l’état actuel des données connues, l’Etat français ferait quant à lui pour la relocalisation du Lycée un effort financier sensiblement moindre, en proportion, que celui qu’il fait chaque année pour soutenir son fonctionnement : un engagement de l’Etat moins en retrait apparaîtrait plus en phase avec « l’ambition » constamment affichée…L’avenir de la gratuité
L’accessibilité du Lycée, du moins pour les enfants de nationalité française, reposera donc en grande partie sur la façon dont « l’aide à la scolarité » (c’est à dire la gratuité pour les familles payant elles-mêmes les frais de scolarité) sera, ou pas, généralisée, et à quel rythme. Cette mesure novatrice, inaugurée en septembre 2007, bénéficie cette année aux élèves de Première et de Terminale, et on nous dit qu’elle devrait « remonter d’une classe » chaque année, jusqu’à couvrir toute la durée de la scolarité (la gratuité du CP se réalisant en… 2018). Face à un horizon encore si lointain et si fragile, nul doute que l’application de ces promesses dépendra beaucoup de la vigilance et de la mobilisation des parents d’élèves actuels et futurs en faveur de la gratuité. François ROUSSEL, président de l’AF-fcpe(Association des Familles du Lycée franco-japonais de Tokyo)
Octobre 2008 1 Pour information, les frais de scolarité annuels en élémentaire sont aujourd'hui de 760 000 yens (frais de première inscription : 150 000 yens, cantine : 146 400 yens).