Scolarité
Les écoles dites "non-régulieres"
Comme chaque année vous avez été nombreux à venir à la Galette des Rois. Monsieur le Consul, qui était présent, a pu se rendre compte qu’un des soucis majeurs du conjoint français dans le couple franco-japonais est la scolarisation des enfants. Certains parents se montrent confiants dans le système public primaire, souvent parce que le conjoint japonais l’a lui même expérimenté et a su en tirer profit. Les programmes n’ont pas beaucoup changé, la méthode d’enseignement a toujours de nombreuses qualités avec des disciplines portées sur l’éveil, un apprentissage des kanjis très progressif, de bonnes bases de calcul mental, des emplois du temps allégés…Malheureusement les mentalités ont beaucoup changé et dès la 4ème année du primaire les enfants commencent à vouloir fréquenter les jukus pour soutenir la concurrence avec leurs camarades, pour faire face à l’échéance de l’examen d’entrée au collège. L’emploi du temps de l’enfant devient alors un enfer. Les enfants se démotivent car tout est appris au juku et l’instituteur se sent moins responsable. Le stress des parents s’accumule faisant pression sur l’enfant. Comment pouvons-nous oublier dans ces moments-là que la chose la plus importante chez notre enfant est son équilibre affectif et que c’est en partie grâce à celui-ci qu’il développe ses qualités intellectuelles ?… L’enfant a aussi terriblement besoin de jouer, de rêver, d’avoir des moments creux dans son emploi du temps et de trouver par lui-même comment les combler. Comment sortir notre enfant de ce cercle vicieux du juku et d’autant plus absurde que l’entrée en école supérieure n’a plus de raison d’être aussi sélective vu la baisse démographique de cette génération ? Certains parents réagissent en cherchant une école, non régulière ou alternative. Cette année, il n'y aura pas de table ronde sur les systèmes de scolarité proposés à nos enfants mais nous désirons cependant réunir un maximum d’informations concernant les écoles du Kanto dites non-régulières. Nous avons besoin de vos expériences pour les faire partager et nous voudrions recenser ces écoles sur le site de l’AFFJJ. Projet peut-être un peu ambitieux, mais qui peut s’avérer utile même s’il n’est pas exhaustif. Donc contactez-nous si vous avez pu éviter ou retarder les examens d’entrée trop sélectifs en scolarisant votre enfant dans une école qui vous semble différente (affjj2000@yahoo.fr) Car il existe d’autres scolarités, soit tournées vers un enseignement plus spécifique dans une langue (écoles indiennes, chinoises…) soit avec un environnement d’instruction plus libéral mais qui suit cependant un programme d’enseignement approuvé par le Ministère de l’Education, ce qui permet aux enfants de solliciter une demande d’admission dans les universités japonaises. La Japan Free School Association est mise en place pour coordonner ce nombre croissant d’écoles non-régulières appelées “libres” en raison de leurs normes très souples. Quelque 240 écoles y sont inscrites. Parmi ces structures, une de nos membres a choisi d’inscrire son fils en cours de 4ème année dans une Jiyu Gakuen. C’est une école privée, protestante, fondée en 1921 par Hani Motoko dont la pédagogie est très portée sur l'écologie.
Les personnes visitant cette école sont d’abord agréablement surprises par le comportement des élèves, les enfants sont épanouis, directs et communiquent aisément.
De nombreuses personnalités du monde économique, politique ou artistique ont été scolarisées dans une Jiyu Gakuen. Les élèves qui en sortent peuvent s’insérer dans la société japonaise, même si certains restent légèrement marginaux. Ces écoles protestantes encouragent les enfants à réaliser des objets par eux-mêmes et développent leur esprit créatif. Les enfants cultivent leurs légumes, font de l’art plastique à grande échelle, certains en devenant adulte iront jusqu’à choisir de confectionner eux-mêmes leurs vêtements. En primaire on demande aux mères de venir une fois par mois pour cuisiner les repas des enfants. Les écoles vont du primaire jusqu’à l’université et sont mixtes jusqu’au collège. L’enseignement y est peu compétitif. Par Marielle Ikémé
Février 2009